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Le crime du siècle en Amérique du Nord?


« Il n'avait pas de cerveau »



Peut-on évaluer le nombre d'enfants ayant été des sujets d'expériences dans les orphelinats du Québec? M. Sylvio Albert Day, ancien entraîneur de chevaux de course âgé de 63 ans, nous en a donné un aperçu.

Orphelin de naissance, M. Day a travaillé comme homme à tout faire pour effectuer des travaux extérieurs, souvent à des températures extrêmes et, par la suite, a été relégué aux institutions psychiatriques. Ce jeune homme parfaitement sain a dû vivre et travailler dans un environnement où régnait la menace de la camisole de force, des injections et des lobotomies.

M. Day a d'ailleurs décrit une période de trois mois pendant laquelle il a dû transporter les corps de quelque 67 adultes et enfants des deux sexes, les transportant des salles d'opération et d'électrochocs à la cave d'une institution de Montréal, où il les lavait, avant qu'ils ne soient vendus à des universités de la région.

Ces horreurs ont eu lieu à Saint-Jean-de-Dieu mais, selon les sources, de nombreuses institutions québécoises auraient pu elles aussi être la scène d'une telle horreur.

M. Day a confié à Justice et Liberté qu'il a lui-même été le spectateur de contention, de violence physique, de séances d'électrochocs et de lobotomies ayant causé la mort. Il a vu des enfants et des jeunes être condamnés aux travaux forcés, à la prise routinière de doses massives de substances nocives leur détruisant le cerveau et aux répercussions de chirurgies expérimentales.

Par exemple, on lui demanda un jour de venir chercher un jeune qui était décédé dans une salle d'opération. M. Day transporta donc le corps jusqu'à la morgue et commença à lui enlever sa jaquette, ses bas et son casque.

C'est alors que ce qu'il vit le fit sursauter « Le jeune était là, sur le comptoir, et lorsque je lui ai enlevé son chapeau, j'ai réalisé qu'il n'avait plus de cerveau! Je ne voyais plus qu'un trou béant. »

Il continua quand même à nettoyer le corps et, peu après, fut de nouveau appelé à monter à la salle d'opération. Un autre orphelin était là, sans vie,

et de grands trous avaient été percés dans sa boîte crânienne.

Secoué, il dut ensuite se rendre à une cellule dans laquelle se trouvait une autre victime qui, elle, s'était pendue.

Il confirme que les corps étaient transportés de Saint-Jean-de-Dieu vers l'Université McGill et l'Université de Montréal, où ils servaient à la dissection. Ces détails sur le terrible sort qu'on réservait au corps lui furent confiés par un embaumeur qui l'avertit de ne jamais en parler à qui que ce soit.

Selon Sylvio Day, l'homme lui indiqua clairement que s'il en parlait, il aurait de sérieux ennuis. « Et c'est pourquoi je n'ai rien dit. »

Il n'y avait aucune cérémonie religieuse lors d'un décès, et il semble que de nombreux enfants aient tout simplement été ensevelis sur les terres de la porcherie de Saint-Jean-de-Dieu, comme l'avait déjà déclaré Joseph Martin.

M. Day se rappelle que les Orphelins étaient placés dans des boîtes de carton et qu'ils étaient, comme il le dit dans ses propres mots, « enterrés comme des chiens » dans des fosses anonymes, les uns par-dessus les autres.

Des punitions médicamenteuses

Sylvio Day se souvient de s'être plaint à un psychiatre de l'hôpital au sujet de son travail à la morgue, que les détenus appelaient « Le couloir de la mort ». Le médecin le menaça de répercussions terribles s'il ne retournait pas effectuer la tâche qu'on lui avait assignée.

M. Day ne put qu'obéir, terrorisé par la perspective de devoir avaler des pilules assez fortes pour tuer un cheval et d'être confiné à une cellule opératoire secrète où il recevrait des traitements pendant toute une semaine.

Tout compte fait, Sylvio Day dit avoir vu huit Orphelins dont on avait ouvert la tête. Troublé par les découvertes déconcertantes qu'il faisait à Saint-Jean-de-Dieu, il décida d'approcher Camille Laurin, éminent psychiatre appelé plus tard à devenir ministre au cabinet québécois.

Lorsque M. Day confia ses soupçons à Camille Laurin, le psychiatre lui administra comme punition une drogue puissante qui le rendit complètement inconscient et aussi amorphe qu'un légume.

Il croit que la substance qu'on lui a administrée était de la chlorpromazine.


Sauvez des vies

Faites-nous parvenir toute information en lien avec les événements relatés dans cet article, afin de nous aider à mener à bien cette enquête.

Si vous détenez des renseignements en rapport avec des expériences psychiatriques menées sur des enfants ou concernant l'usage de violence ou de coercition envers eux, Justice et Liberté aimerait communiquer avec vous.

Veuillez nous faire parvenir les renseignements par la poste à l'adresse suivante : La Commission des Citoyens pour les Droits de l'Homme, 4321 Papineau, Bur. 202, Montréal (Québec) H2H 1T3.

Vous pouvez également nous joindre par courriel à editeur@freedommag.org, ou par téléphone au (514) 527-0874.


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