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En 1999, l'ombudsman du Québec, Daniel Jacoby, a réprouvé la conspiration du silence du gouvernement du Québec et a qualifié le règlement offert aux Orphelins de Duplessis « d'inéquitable et d'humiliant22. »
Après avoir comparé les compensations accordées pour des cas similaires dans les précédents juridiques canadiens, M. Jacoby a proposé un plan d'indemnisation équivalent à 56 millions en dollars américains — à peu près 700 $ par patient pour chacune des années passées dans une institution psychiatrique à la suite d'un faux diagnostic, avec un montant additionnel en cas de violence physique ou sexuelle.
« Le contexte social de l'époque ne peut justifier leur internement dans des asiles pour des raisons essentiellement financières, pas plus qu'il ne justifie l'emploi de la violence physique ou sexuelle à leur égard, a écrit Jacoby. La société québécoise d'aujourd'hui a le devoir de reconnaître le mal qui leur a été fait. Des excuses officielles de la part du gouvernement et du corps médical seraient sans doute un bon début23. »
Le 26 septembre 2001, le gouvernement du Québec a approuvé un règlement de 10 000 dollars canadiens par personne, en plus de 1 000 dollars accordés pour chacune des années passées dans une institution psychiatrique sans raison valable. Aucune disposition ne fut mise sur pied pour compenser les actes de violence ou les abus sexuels. De plus, si un Orphelin refusait de signer l'entente, il perdait son droit au dédommagement.
En outre, beaucoup d'Orphelins ont été déclarés inadmissibles et n'ont donc rien reçu. Dans une entrevue accordée à Justice et Liberté, Rod Vienneau a cité le cas de Paul St-Aubin comme exemple de l'injustice qui a été faite aux Orphelins exclus du règlement.
Privé d'éducation, M. Saint-Aubin, maintenant âgé de 53 ans, a travaillé sur une ferme du Québec tel un esclave de 11 à 17 ans. Il a ensuite passé 18 ans de sa vie dans les diverses institutions psychiatriques québécoises, où il a reçu de la chlorpromazine, des électrochocs et où il a subi au moins deux lobotomies.
Rod Vienneau et ses collègues considèrent que le règlement accordé en 2001 n'est en fait qu'un geste pour éviter qu'une enquête approfondie ne soit ouverte. L'offre de règlement est d'ailleurs encore le sujet d'investigations de Justice et Liberté.
Vers la fin des années 1990, un groupe d'Orphelins chargea M. Leo-Paul Lauzon, professeur à l'Université du Québec à Montréal, de mener une étude sur leur cas. Celui-ci découvrit alors que certaines institutions avaient été payées entre 70 et 100 millions de dollars pour avoir hébergé les Orphelins.
Ce chiffre est confirmé dans un écrit de Maurice Duplessis. En effet, dans une lettre datée du 12 avril 1954, le premier ministre consentait à verser au Mont Providence une somme de 6 millions de dollars sur trois ans, et ce, pour cette institution seulement. Et au moins treize autres établissements du Québec furent impliqués dans le scandale des Orphelins de Duplessis, sur une période de quelques décennies.
Bien sûr, les montants consentis à l'époque représentent toute une somme si on les convertit à la valeur réelle de telles sommes aujourd'hui.
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