Freedom Magazine - Investigative Reporting in the Public Interest, presented by the Church of Scientology Freedom Magazine - Investigative Reporting in the Public Interest, presented by the Church of Scientology

INTERNATIONAL
EDITION

INVESTIGATION

DROITS DE L'HOMME


Church of Scientology International Human Rights Department

RESSOURCES RELATIVES
Public Affairs Canada
Church of Scientology International
About L. Ron Hubbard
Citizen's Commission on Human Rights
Scientology Volunteer Ministers
Truth About Drugs
Scientology Today

Le crime du siècle en Amérique du Nord?


Suite (page 3 de 5)



Des cobayes humains

Denis Lazure, président de l’Association canadienne des psychiatres en 1966, est un autre des praticiens impliqués dans l’affaire des Orphelins.

De 1999 à 2001, le Dr Lazure a été à la tête du Comité pour la défense des Orphelins de Duplessis, un mouvement qui, d’après Rod Vienneau, a trahi ceux qu’il était censé aider. Ce dernier a d’ailleurs comparé la position qu’occupait le médecin au sein du comité à celle d’un « renard dans une cage à poules ».

Dans son autobiographie Médecin et Citoyen, publiée en 2002, Denis Lazure a écrit qu’en 1952, alors qu’il faisait son internat à l’hospice Saint-Jean-de-Dieu, un établissement psychiatrique maintenant appelé l’hôpital Louis-Hyppolite Lafontaine, il lui arrivait régulièrement, ainsi qu'à cinq de ses collègues, d’administrer des électrochocs aux patients et de provoquer chez eux des chocs insuliniques4.

Le Dr Lazure nous décrit de façon désinvolte de quelle façon débutait sa journée : il appuyait sur un bouton, envoyant ainsi une décharge assez puissante pour provoquer une convulsion épileptique chez des dizaines de patients, sans que ceux-ci aient reçu la médication nécessaire5.

Il se rendait ensuite dans les salles où se trouvaient les patients comateux, un endroit « mal éclairé, malodorant, où étaient couchés deux douzaines de patients à qui on avait injecté des doses massives d’insuline ». Après que les patients aient passé plusieurs heures sous sédatif, ils recevaient des injections de glucose, et la plupart d’entre eux sortaient de leur coma. Mais il arrivait quelquefois qu’un patient ne refasse pas surface6.

D’après les descriptions de Denis Lazure, Saint-Jean-de-Dieu semblait être un endroit perturbant, où les psychiatres jouaient avec des vies et les détruisaient. Un peu plus tard, en 1952, le médecin quitta Saint-Jean-de-Dieu pour aller à l’Hôpital protestant de Verdun, aujourd’hui appelé le Douglas, afin d'aider le pionnier de la lobotomie chimique, le Dr Lehmann, à faire des tests avec la chlorpromazine7.

Comme le journaliste montréalais Kristian Gravenor a observé avec sarcasme, le « Dr Lazure continua à diriger des hôpitaux et devint le ministre de la Santé du Québec, sans que les surdoses accidentelles ou les cerveaux brulées ne l'arrêtent8. »

La déclaration de Denis Lazure, selon laquelle lui et le Dr Lehmann avaient fait des essais avec la chlorpromazine en 1952, viendrait confirmer les allégations de Clarina Duguay et des autres patients voulant qu’ils aient reçu des doses de cette drogue, et ce, avant 1953. En effet, il semblerait, aux dires du Dr Lehmann, que c’est alors qu'il aurait fait la découverte de la substance comme substitut à la camisole de force. L’information contenue dans le livre de Denis Lazure soulève donc des questions sur le nombre d’Orphelins ayant servi de cobayes humains.

Selon un ancien médecin de Saint-Jean-de-Dieu, qui désire garder l’anonymat, 500 patients auraient reçu de la chlorpromazine en 1952, et ce, même si Santé Canada, l’organisme gouvernemental chargé de statuer sur ces questions, n’a approuvé l’utilisation de celle-ci sur des patients qu’en 19579.

La psychiatrie a détruit des vies

L’avocate des « enfants », Carol Rutz, a déclaré à nos journalistes que, d’après ses recherches, les Orphelins de Duplessis auraient servi comme sujets lors d’essais cliniques et auraient été les victimes de sévices.

Selon elle, ces enfants étaient d’innocentes proies à la merci de médecins peu scrupuleux qui utilisaient la science pour infliger la souffrance et la mort.

« Un grand nombre d’enfants n’avaient aucune famille; les psychiatres savaient donc qu’ils pouvaient agir en toute impunité. Qui parlerait? Les psychiatres pouvaient tout se permettre avec eux », ajoute-t-elle.

Selon un employé de Saint-Jean-de-Dieu, l'Orphelin idéal pour devenir un sujet de «traitement» n'avait pas de famille car on savait que personne ne viendrait à son secours ou le protégerait.

D'ailleurs, Rod Vienneau a constaté que les psychiatres de cette époque considéraient les Orphelins comme des enfants « dont on se débarrassait ». Il les accuse d'avoir vidé les orphelinats du Québec et d'avoir envoyé les enfants qui s'y trouvaient dans des hôpitaux psychiatriques, et d'avoir en plus effectué leurs expériences sur près de 100 000 enfants abandonnés, à l'insu de tous. (Voir aussi « Il n'avait pas de cerveau! ».)

On aurait même des preuves de la participation involontaire de ces enfants à un programme d'eugénique*, mené à la fois pour des établissements psychiatriques américains et canadiens.

Le psychiatre canadien Charles Kirk Clarke, un des fondateurs de l'Association Canadienne pour la Santé Mentale, traitait d'ailleurs les immigrants en provenance de l'Europe centrale10 et de l'Europe de l'Est de « déficients ». Une autre adepte canadienne de l'eugénisme, Helen MacMurchy, inspectrice provinciale affectée à la détection des « faibles d'esprit », militait pour la stérilisation afin d'éliminer les gènes désavantageux pour la race11.

Justice et Liberté s'est d'ailleurs intéressé à ce sujet et a publié un reportage spécial intitulé The Ethnic cleansing of the Mentally Unfit-Sterilization in Canada. Selon les auteurs, « les eugénistes utilisent le contrôle de l'immigration, le contrôle des naissances, la stérilisation et l'euthanasie, tel que les Nazis en donnèrent l'exemple. » Ils soulignent que les trois premières méthodes ont été utilisées au Canada, des milliers de femmes autochtones et immigrantes ayant été stérilisées contre leur gré.

Par contre, si l'on en croit les nouvelles allégations selon lesquelles de nombreux Orphelins seraient disparus ou morts, l'euthanasie justifierait certainement la mise sur pied d'une enquête officielle.

« On leur a permis de tuer des enfants sans défense »

En effet, les corps de centaines, voire même de milliers d'Orphelins de Duplessis enterrés près des hôpitaux psychiatriques, pourraient attester « ce génocide tramé par les psychiatres », tel que l'expriment les Orphelins.

Daniel Lighter, procureur montréalais, a suggéré que les autorités québécoises permettent l'exhumation des corps situés autour des institutions psychiatriques visées, de manière à déterminer combien d'Orphelins ont été utilisés à des fins expérimentales.

« Une société libre doit prendre la responsabilité de son histoire, avec ce qu'elle comporte de bien, de mal et de neutre», a confié M. Lighter au journal. « Il y a sûrement une quantité incroyable de preuves qui se trouvent là et qui justifieraient la réouverture d'une enquête. »

Du début à la fin, le sort réservé aux Orphelins était décidé par la psychiatrie. Les documents qu'a obtenu Justice et Liberté montrent la relation entre l'Association américaine de psychiatrie (AAP) et les institutions psychiatriques où ont vécu les Orphelins. Des preuves de l'existence de cette relation, entre autres des photographies, remontent à aussi loin que 1922.

Par exemple, en 1954, l'Hôpital protestant de Verdun (aujourd'hui l'hôpital Douglas) a été reconnu pour sa contribution à la recherche par l'AAP. Le journal a demandé au porte-parole de l'Association, Jason Young, en quoi consistait cette contribution, mais au moment de mettre sous presse, nous n'avions obtenu aucune réponse de sa part.

Selon M. Lighter, l'imprimatur de l'AAP soulève des questions, à savoir : qui pouvait bénéficier de l'internement des Orphelins et pourquoi?

« Il est très étrange qu'un hôpital québécois reçoive l'accréditation de l'AAP. Alors pourquoi dans ce cas-ci? », se demande-t-il. « Tout porte à croire que non seulement l'AAP était impliquée, mais qu'elle coordonnait aussi les expériences. Cela soulève plusieurs questions qui méritent certainement une réponse. »

En septembre 2004, un documentaire présenté sur les ondes de TQS dévoilait que sur les quelque 300 000 enfants hébergés dans les orphelinats du Québec, 200 000 furent adoptés, tandis que 100 000 d'entre eux restèrent sur les lieux, attendant d'être choisis pour adoption. Selon le journaliste Gary Arpin, ces derniers seraient les Orphelins de Duplessis.

Un de ceux-ci, M. Jean-Guy Labrosse, un ancien ouvrier de la construction agé de 66 ans, est l'auteur de Ma vie de chien, un livre relatant ses années d'internement qui a aidé à faire la lumière sur le drame. « Combien de mes frères (les Orphelins) sont disparus ou sont morts? », demanda-t-il lors d'une entrevue avec le journal. Et quand je dis disparus, je veux dire évanouis sans laisser aucune trace. Au Québec, on avait le droit de tuer des enfants sans défense. »

Selon Rod Vienneau, la moitié des Orphelins incarcérés dans les institutions psychiatriques y seraient disparus ou y seraient morts. « Si quelqu'un disparaît, c'est qu'on s'en est débarrassé, dit-il. Ils ont été tués ou assassinés. »


Le mot « eugénisme », employé par le psychologue britannique Francis Galton*, viendrait du mot grec Eugenes, qui veut dire « bien naître ». Ses théories sur l'eugénisme ont été par la suite utilisées par les psychologues et les psychiatres. Les travaux de Galton ont été utilisés en Allemagne par Ernst Rudin, pour établir, entre autres, des programmes de nettoyage racial et de génocide.



suite...


Accueil 1. Le crime du siècle en Amérique du Nord? 2. La « lobotomie chimique » 
3. Une « conspiration du silence » qui se perpétue  4. « Il n'avait pas de cerveau! »  5. « L'aliénation de l'esprit » 
Freedom Magazine, published by the Church of Scientology
© 1996-2006 CSTOR. All Rights Reserved.